mercredi 22 décembre 2010

#6

Well, obviously, we have a rapist in Lincoln Park...

HE'S CLIMBING YOUR WINDOWS, HE'S SNATCHIN YO PEOPLE UP
TRAYING TO RAPË SO YOU NEED TO HIDE YO KIDS, HIDE YO WIFE
HIDE YO KIDS, HIDE YO WIFE.
AND HIDE YOUR HUSBAND CAUSE THEY'RE RAPING ANYBODY OUT HERE
YOU DON'T HAVE TO COME AND CONFESS, WE'RE LOOKIN FOR YOU,
WE GON FIND YOU, WE GON FIND YOU.
SO YOU CAN RUN AND TELL THAT, RUN AND TELL THAT,
HOMEBOY, HOME HOME HOOOMEBOY.

Antoine, you're the best.

lundi 1 novembre 2010

#5

C'est incroyable à quel point c'est toujours le soir, la nuit plus précisément, que j'ai envie d'écrire sur ce blog. La raison se doit d'être simple. J'y suis poussé par l'ennui. Par un besoin de travail intellectuel au milieu de l'abrutissement général que constituent les réseaux sociaux, la soi-disant information. La fonction de l'écriture est ici celle du jeu.

jeu

nom masculin
(latin jocus, plaisanterie)
  • Activité d'ordre physique ou mental, non imposée, ne visant à aucune fin utilitaire, et à laquelle on s'adonne pour se divertir, en tirer un plaisir : Participer à un jeu.
(le lecteur prendra en compte le fait que lorsque, candidement, je me suis risqué à rechercher "jeu" dans Google, les premières pages de résultats étaient vérolées par des liens vers des sites de jeu en ligne, c'est dire à quel point l'Internet est vénal, à quel point l'Internet est avide, mais fermons ici cette parenthèse)

Je n'écris donc "à aucune fin utilitaire".

Bien vilain raccourci que celui là. C'est bien le problème de ce que les êtres humains, ces êtres terre-à-terre, ces êtres qui passent leur vie à compter, appellent "utile". Chaque chose, chaque entreprise à son usage, bien qu'on aimerait nous faire croire le contraire. De Vinci ne s'est pas fendu à peindre la Mona Lisa pour qu'on lui dise que son hideuse croûte est inutile. L'usage des productions de l'activité intellectuelle, comme l'écriture, la peinture, la conception en général, c'est de donner à son tour à celui qui leur est confronté - à ces productions, pour ceux du fond qui ne suivent pas - matière à faire fonctionner son intellect. Toi, le pauvre type, la pauvre fille qui lis ce vil amas de merde aux airs de texte en prose, si tu ne réfléchis pas, si tu ne tournes pas mes propos dans tous les sens pour me comprendre, me louer, ou me blâmer, c'est que tu n'es qu'un(e) abruti(e). Pense donc, chair et os, pense et dispense à ton tour les productions de ta pensée. Le jeu, c'est donc jouer pour faire jouer. On va me dire "Mais, benêt, si je joue tout seul, qui est-ce que je fais jouer ?". Ce à quoi je répondrai "Tu es un abruti social, mon ami, et lorsque tu joues seul, ne cherches-tu pas la performance ? Tu ne me feras pas croire que tu ne cherches pas à gagner, même face à nul de tes congénères. Et en tant que joueur social, tu feras entrer le jeu dans la "Grande Compétition" que nous nous livrons tous, celle qui remonte à l'instinct primal, celui qui te pousse à conquérir la chatte à la voisine. Tu gagnes, même face à toi-même, et tu compares. Tu "compétitionnes". Mais ton voisin, ça ne va pas lui plaire quand tu vas lui expliquer que tu as lâchement explosé son score à tel ou tel jeu. Alors, il va tenter de t'abattre à son tour, juste pour montrer qu'il en a une plus grosse. Tu auras compris alors que dans tous les cas de figure, en solitaire ou contre d'autres simultanément, le jeu appelle le jeu, et par extension, l'impulsion intellectuelle primaire qui engendre la production intellectuelle appelle la stimulation intellectuelle chez le "receveur", tantôt spectateur, tantôt lecteur, ou bien joueur."

Quoique que je produise intellectuellement, je cherche à produire chez toi la même étincelle, le même remue-méninges que chez moi à l'origine. L'usage est permanent, et cet usage : c'est la magnifique transmission sociale de l'activité de pensée. Et perso, je kiffe.

Tu m'as compris, petit ?

lundi 6 septembre 2010

#4

I] Bille moite et vitreuse, l'oeil de l'inconscient.

C'est toujours les yeux explosés que tu cherches à voir.

Bienvenue dans la lacrymale immensité de mes globes oculaires. Je suis l'oeil de Nicola. Je suis gonflé. Nicola le sent, et ça le gène. Je coule, je suis humide. Nicola le sent, et ça l'énerve. On pourrait croire que je suis un vilain emmerdeur, en somme. Mais il n'est point facile de mener la vie que mène un oeil. Je suis condamné à voir. Toujours. Sans choix. Je vois. Je suis passif. Quand Nicola regarde, moi, je ne fais que voir. Il voit de moi, et grâce à moi regarde, observe, fixe et contemple. Je n'ai pas cette pléthorique multiplicité de possibilités. Je vois. L'unique et monotone vision. La couleur de la vue, c'est le gris. La vue passive, qui glisse et passe sans s'attacher, elle est grise. Le regard est coloré, la vue, monochrome. Je suis l'oeil, et je vois, je vois en unicolor, je suis l'outil, je suis l'intermédiaire gracieux du plus précieux sens de mon propriétaire. Et moi, je ne me vois pas. Comment puis-je savoir ce à quoi je ressemble ? Je suis ce paradoxal acteur passif, sans forme, sans apparence, puisque je ne me suis jamais vu. Et pourtant, souvent en moi, on regarde. On croit déceler. Mais je ne suis que cet outil froid, gris et métallique. Un miroir, en fin de compte. Celui qu'on appelle le Miroir de l'Âme. Un miroir de l'âme qui fait des heures supplémentaires ; quand Nicola ne ferme pas l'oeil, c'est moi qui suis parti pour des heures de boulot en plus. Que d'allers-retours horizontaux n'ai-je fait pour satisfaire la soif de lecture de cet abruti. Des lectures souvent futiles, jamais ancrées, toujours de passage dans son cerveau éthéré par la fatigue. Mais je suis fidèle au poste, toujours aux aguets, tel un officier de transmissions, responsable de l'acheminement de l'information cruciale, à mon collègue, Son Eminence de cellules grises. Je fatigue et je souffre. Je lui intime : "S'il te plait, ferme tes paupières, que je puisse me reposer un peu." Mais il ne veut rien savoir. C'est un obstiné. Je lui fais mal, pour qu'il comprenne qu'est venu le temps du repos. Mais il n'en fait rien et persiste. Nicola est un abruti.

Je suis l'oeil d'un abruti.

II] Vends moi.

Je sais pas tellement combien je pourrais coûter, si je devais me vendre demain. Le prix de la chair humaine n'est malheureusement pas encore côté en Bourse, n'en déplaise à ces Messieurs des salles de marché. Disons qu'un corps humain a l'avantage d'être rechargeable à volonté pendant environ soixante-dix ans, à base d'un kilogramme de pâtes par jour. A grosso modo un euro le kilo de pâtes merdiques de marque distributeur, si on a décidé d'acheter un smicard (modèle pas cher), on peut générer - pour huit heures de travail quotidiennes - cinquante-cinq euros par jour. Faut encore décompter ce que ça coûte de le laver (une fois par semaine, ça devrait suffire, vu qu'on le pieute dans une niche à part, les odeurs, on s'en tape un peu), et une GameBoy color achetée pour cinq euros dans une brocante pour l'occuper pendant les heures sans boulot, en gros, pour une durée de vie utile de cinquante-cinq ans, on peut se faire plus d'un million sur le dos de son acquisition de chair et d'os.

Mais attendez.

Y'a un truc qui cloche.

Je viens de calculer super succintement qu'un type qui touche le smic huit heures par jour, sept jours sur sept, zéro vacances, pendant cinquante-cinq ans de sa vie n'aura accumulé qu'un gros million d'euros ?

Ah.

Ouais.

Classement 2010 des plus hauts salaires du football (salaire annuel) (club + sponsor, représentation et pub)

Lionel Messi 33 millions d’euros.

David Beckam 30.4 millions d’euros.

Cristiano Ronaldo (Portugal, Real Madrid) 30 millions d’euros.


Ca fait combien de vies au smic ?

dimanche 29 août 2010

#3

J'écoute et je me dis "Il va être bien, quand même hein..."

Ce sont des moments de bonheurs que ceux où tu te rends compte que ce que tu fais, c'est bien. Je suis pas sûr que des mecs qui bossent dans leurs bureaux merdiques à quatre mille boules le mois, ils aient l'impression que ce qu'il font, c'est bien. Ils font de la thune, c'est tout. Le reste, c'est l'epsilon de travail au service d'une grande compagnie, une compagnie qui le paye pour les profits qu'elle génère grâce à leur travail. Petit epsilon deviendra grand. Pour certains, cela devient une réalité, mais pour la grande majorité, petit epsilon, reste petit epsilon, cadre moyen reste cadre moyen et métro boulot dodo reste métro boulot dodo. Alors tu vas aux putes.

Grand bonheur éphémère.

Bonne nuit.

samedi 21 août 2010

#2

"Cher/Chère X,

J'ai bien reçu ta carte, oui, je vais très bien et mes vacances se passent bien. Il fait beau, et le thermomètre ne descend pas en dessous de 25°C, même le soir ! J'ai beaucoup bronzé, et j'ai hâte de voir la tête des collègues quand il vont me voir débarquer ! J'ai pensé que cette carte te plairait, toi qui aimes la sobriété. J'espère qu'elle arrivera avant que je revienne, comme je pars demain. J'espère aussi que tes vacances sont à la hauteur de tes attentes, tu m'avais tellement soulé avec ça pendant tout le mois de juin ! Bref, je n'ai bientôt plus de place, et je vais donc te quitter pour l'eau transparente de l'Atlantique :)

Gros bisous en provenance de la plage,

Y.

Ps. Je t'ai ramené un souvenir qui risque de te faire plaisir !"


La banalité.

X et Y sont des pantins.

Ils ne sont personne. Ils ne savent même pas pourquoi ils s'envoient des cartes. Sûrement parce que tout le monde le fait. Parce que leurs parents le faisaient, quand ils étaient petits. Parce que ça leur permet de vérifier s'ils savent toujours se servir d'un stylo en plein milieu de leurs semaines de congés oisifs et payés. Parce que "ça fait marcher le commerce" ... C'est vrai qu'à 40c/€1.00 le rectangle de carton, il peut marcher, le commerce.

Non.

Y veut juste montrer qu'il a une plus grosse bite/poitrine que X. Il n'en a rien à foutre que X sache qu'il/elle se porte comme un charme. Tout ce qu'il l'intéresse, c'est de lui foutre son bonheur en pleine gueule. Comme tous ces petits enculés qui te racontent leur vacances de ouf, avec 5 destinations en 4 semaines, pendant lesquelles ils se sont mis plus de caisses que dans tout le reste de l'année. Qu'est ce qu'on en a à putain de foutre que vous ayez baisé machine à la sortie de telle boîte à la con, après avoir passé une heure trente à la lever en lui racontant votre vie parisienne sur fond de house music merdique ? Je passe pour un frustré là ? Non. Moi aussi j'ai des vacances, et je ne bénéficie pas de celles organisées par le Secours Populaire, loin de là. Mais ça ne m'intéresse pas de raconter qui m'a sucé la bite le soir du 26 août.

La carte postale, c'est simplement l'expression du désir primal qu'ont les individus, de tenter bassement de surpasser leurs congénères. Le but, c'est de faire passer ta vie pour un "TRUC DE OUUUUUF", et faire croire que tu t'es éclaté comme dans un frat movie. NON!

Arrête, arrête. Arrête quoi, PUTAIN!

Tu vas t'afficheeeeeer.

(tous droits réservés "le rappeur du 92")


Tu n'es pas unique. Ta vie non plus. Tu n'es pas hors du commun. Ta vie non plus. Se mettre une caisse, ce n'est pas "cool". Les traces blanches sous tes narines non plus.

Nourris toi d'autre chose. Nourris ta tête plutôt que ton ventre. Vis à la lumière plutôt que dans l'ombre. Arrache toi du sol, plane au bonheur plutôt qu'à la weed.

Et ta gueule.

mardi 17 août 2010

#1

J'ai envie d'écrire sans qu'on me pose de questions.

Hier, j'ai défait un noeud. Peut être un vieux noeud. Il n'empêche qu'il est parti. Et je le dis encore une fois "Merci."

Aujourd'hui il fait beau, à la maison, on prépare du tiramisu, et désolé pour les as de la cuisine, je crois c'est le nôtre qui est le meilleur. Le bruit horrible du batteur électrique, les doigts qui collent après avoir trempé les biscuits dans le café froid, les longues minutes à attendre que le dessert ait fini de se la couler douce dans le frigo, finalement, on s'en fout, on sait qu'au bout, on a le meilleur dessert du monde.

La vie est un tiramisu.

dimanche 15 août 2010

From scratch.

Quand tu te regardes dans la glace, et que ce n'est plus vraiment ton reflet que tu vois, tu passes un coup de chiffon. Ce blog, idem.

Le voilà, ce coup de chiffon.

Quand à onze heures du soir, tout te soule un petit peu, que t'as passé toute ta soirée à geeker sur le net, que t'as l'impression de n'avoir rien fait, et qu'en plus t'as mal au cul d'être resté assis pendant des heures. C'est là que tu te poses des questions. Tu retournes un peu ton passé. Tu cherches.

Quand tu cherches, tu trouves.

Et puis j'ai fini par trouver cette page à la con. Je l'ai relue, attentivement. Et je me suis fait peur. Je me suis fait peur parce que les choses qui m'avaient tenté y'a plus d'un an, parfois me retentent, dans ce genre de moments, alors qu'elles ne me tentent d'aucune manière le reste du temps.

Quand tu trouves des cachets de sulfate de morphine, et que tu te rappelles de certaines choses, tu as l'eau qui vient à la bouche, tes yeux s'éclairent, tu les contemple. Tu tripotes. Mais tu te dis, que non, que non, et qu'il faut les oublier.

Il faut oublier ces choses, ces choses du ventre, ces choses qui sont autant de blocs de béton attachés à tes chevilles, une fois qu'on t'a balancé dans le port.

Et quand je regarde en haut, je suis réconforté, et je sais que je ne tomberai pas. Je regarde en haut, et j'y suis porté, et je sais que je ne redescendrai pas.

Un jour, le ruban se sera entièrement déroulé, et je serai tout en haut, allongé et calme. Un instant lointain de quiétude, une chaleur douce et rassurante. Le seul instant de certitude d'une vie. Et ce sentiment de réconfort de retrouver l'Être aimé, Lui, eux, et nous bientôt, dans la lumière nuageuse du dernier refuge.

Je vis, j'aime.

Nicola.